Viens, Demeure et Va

On pourrait presque banaliser le thème de ce numéro de « tisser des liens ». Se dire que de nombreux parents, d’éducateurs, ont simplement utilisé de nombreuse fois ces mots pour accueillir et accompagner un enfant, un jeune. Une relation « à » l’autre ». Une alliance. Dans la bible, dans les évangiles, nous trouvons de nombreux textes qui donnent cette dynamique alliance. C’est avec le psaume 22 que je vous invite à la méditation. Ouvrez la bible, lisez – le. C’est l’un des plus courts du psautier. Il est d’une telle densité qu’il a pu être choisi par les psaumes privilégiés de la nuit pascale. Cette nuit-là, en effet, les nouveaux baptisés, remontant de la cuve baptismale, chantaient le psaume 22 en se dirigeant vers le lieu de leur confirmation et de leur première eucharistie. On en est venu à l’appeler le « psaume de l’initiation chrétienne ».
Pour décrire le bonheur du croyant, notre psaume 22 se réfère à deux expériences, celle d’un lévite et celle d’un pèlerin :

Le peuple d’Israël est comme un lévite heureux d’habiter dans l’intimité de son Dieu. « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours ».

Israël se dépeint aussi sous les traits d’un pèlerin venu au Temple pour offrir un sacrifice d’action de grâce. Pendant son pèlerinage vers le Temple, il se compare à une brebis : son berger, c’est Dieu.
« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ; sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ».
Le pèlerinage peut parfois être périlleux. En chemin, le pèlerin rencontre peut-être des ennemis « tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ». Il frôlera peut-être même la mort « si je traverse les ravins de la mort ».
Mais en chemin le pèlerin ne craint rien. Quoi qu’il arrive, Dieu est avec lui « je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure ».

Au terme du pèlerinage, parvenu au Temple le pèlerin accomplit le sacrifice d’action de grâce pour lequel il est venu, avant de prendre part au repas rituel qui suivait toujours le sacrifice d’action de grâce.
Ce repas prend les allures d’une joyeuse festivité entre amis « Une coupe débordante dans l’odeur des parfums ».
On comprend que les premiers chrétiens aient trouvé dans ce psaume une expression privilégiée de leur expérience croyante : Jésus lui-même est le vrai berger. Par le baptême, il nous tire du ravin de la mort, nous fait revivre en nous menant vers les eaux tranquilles ; la table préparée, la coupe débordante disent le repas eucharistique ; le parfum sur la tête désigne la confirmation.
Une fois de plus, les chrétiens découvrent avec émerveillement à quel point Jésus n’abolit pas, n’annule pas l’expérience croyante de son peuple, mais au contraire l’accomplit, lui donne toute sa dimension.
Monique Larue
Saint Paul Trois Châteaux
D’après la lecture du livre « L’intelligence des écritures » de Marie Noëlle Thabut.
Une présentation simple et claire de tous les textes du lectionnaire des dimanches et fêtes des trois années. Un ouvrage pédagogique qui met la bible à la portée de tous. La collection complète existe en six volumes séparés ou en coffret, aux éditions Artege.



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